Victoire Bonnot: « les ados suicidaires, c’est pas mon truc »

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Quand un nouvel épisode de Victoire Bonnot, notre collègue CPE de M6, vous arrache à la lecture de Krishnamurti, forcément, on se cale devant la télé avec une humeur de dogue.

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Après les  problématiques de type grossesse, alcoolisme, draguouille appuyée, notre collègue n’avait en gros plus que le suicide d’ados à traiter. C’est fait.
Elle a toujours un œil sur le calendrier, notre Victoire : le 10 septembre, c’était la Journée mondiale de prévention du suicide. Forcément, 3000 morts par suicide dans le monde en 24h, ça calme.

L’épisode commence mal pour Eva : en cours de maths, elle se fait confisquer ce qui ressemble fort à un journal intime. Sa prof, qu’on connaissait plus sympatoche dans d’autres épisodes, lui décoche un « t’iras le chercher demain chez la CPE ».

Entre deux, l’ancienne proviseur, jouée sur le mode sado actif par Catherine Jacob, propulsée Inspectrice d’Académie (comme quoi, on a tous nos chances), débarque et prévient qu’elle compte vérifier les « diplômes de tout le personnel administratif ». Faut pas lui en vouloir, elle débute et elle a dû louper la dernière réunion sur la Refondation de l’école.

Victoire a un sérieux doute sur le dernier diplôme obtenu par M. Raoul, le sympathique concierge : le Rémy (mais si, le gars aux dreadlocks) est chargé de le remettre à niveau pour un concours qui a lieu opportunément la semaine suivante.
Et comme Victoire est vraiment multi-tâche, elle propose à son Raoul de le remplacer au balai pour qu’il se consacre corps et âme aux équations, à la conjugaison et à 1515.

Entre deux, on comprend que le petit Arthur, 10 ans, le fils de la CPE, se prépare à faire la méga-connerie de sa vie : sélectionné pour un tournoi de poker, il rédige un fausse autorisation maternelle pour pouvoir y passer les quelques soirées suivantes, le tout avec la bénédiction de sa maman de CPE, qui fait semblant de croire qu’il travaille très fort sur un exposé.
Fichu exposé.
La grande fille, elle, est limite jalouse : pourquoi son Razmoket de frangin a la permission du soir alors qu’elle, grande comme une asperge, elle soupire et languit loin des soirées dansantes ?

Bon, je résume par paquets, car si on s’y essaie de façon chronologique, on ne suit plus.

Revenons à Eva. Pas drôle. Allers et retours insupportables et presque indécents entre le traitement de la problématique principale (le suicide) et le pipi-caca du reste, 1515, les équations, le prix d’une barquette de fraises, la règle de trois et un proviseur qui prend son repas dans son bureau, avec sa boîte à tartines.

Choc : Eva écrit un dernier message sur un forum, le bien nommé « partir ». Au lycée, elle assiste à une vidéoprojection menée par le proviseur, sur le thème de la sécurité routière. (Il n’a vraiment que ça à faire). Images d’accident, voiture qui dérape, Eva tourne à moitié de l’œil et demande à aller à l’infirmerie. Comme il faut montrer que ce proviseur est définitivement con, elle y est autorisée et quitte la salle, non accompagnée. A l’infirmerie, pas de bol, l’infirmière à qui elle dit ne pas se sentir bien, prend son rôle à cœur et, parce qu’elle a lu plein de bouquins sur les techniques d’entretien, lui demande de reformuler : « ça veut dire quoi, « pas bien». Mais comme elle est interrompue par un coup de fil, le dialogue fait un gros flop et Eva comprend qu’il vaut mieux aller se pendre ailleurs.
Elle ne va pas se pendre mais s’installe dans la salle des sports (ouverte, tiens), avale des cachetons et tombe inconsciente presque instantanément (relous les cachets, non ? on apprend plus tard qu’il s’agit des somnifères de la mère) derrière une pile de tapis de sol.

Mais que fait la CPE, mmmh ? La CPE, elle est en train de causer avec sa copine, la prof de maths, venue lui apporter le journal intime d’Eva. Elle jure ne pas l’avoir lu. Victoire Bonnot, elle, s’en saisit et lit. On a juste envie de lui arracher la tête, mais Victoire s’explique : « moi, ma mère, elle lisait le mien ». Ok, respect alors.

Et comme la fin justifie les moyens pour Victoire, après quelques lignes, elle comprend qu’Eva est en train de la faire sa méga-connerie, là, tout de suite, dans l’enceinte du lycée.
Séquence cavalcade dans les escaliers (moi, si je cours comme ça, sûr que je me viande direct), puis à travers le lycée pour finalement découvrir Eva en mauvaise situation derrière sa pile de tapis de sol.

Pompiers, hôpital, angoisse. Victoire se fait passer pour la tante au téléphone pour obtenir des nouvelles. La fin, toujours la fin, qu’importe le mensonge.-

Tout finit presque bien. Une psy scolaire débarque, laisse quelques brochures après un court débriefing avec le proviseur et notre bonne copine Victoire : « j’ai pas les moyens de faire plus pour vous aider ». Et Victoire, elle est bien emmerdée : « les ados suicidaires, c’est pas mon truc ». Eh oui, elle est poursuivie par le souvenir de Malik, un élève d’un autre lycée, qui a réussi son suicide. Et pourquoi Madame la CPE ? « parce que j’étais trop bourrée pour voir sa détresse. »

Sûr que si t’es bourrée au bureau, tu vas saisir n’importe comment dans Pronote et le gamin suicidaire, ben, il pourra tester tous les lampadaires ou panneaux de basket pour se pendre.

Pendant ce temps, pour faire léger sans doute, retour sur Arthur le fils de 10 ans, qui ratatine tout le monde à son tournoi de poker. Mérite juste des claques, mais bon. Je suis CPE, je comprends pas tout. Il boit du coca-fraise, je savais même pas que ça existait.

Retour à l’hôpital : Victoire se fait encore passer pour la tante d’Eva pour que les portes de sa chambre s’ouvrent comme par enchantement.
 « J’ai lu ton carnet, c’est pas très classe, mais c’est grâce à ça que t’es là » dit-elle à Eva…qui ne lui arrache même pas les yeux et qui trouve encore le moyen de se confier davantage : son père décédé dans un accident de voiture, sa culpabilité….

Victoire, qui se disait allergique aux ados suicidaires, enquête, s’inscrit sous un pseudo quelconque sur le forum « Partir », rendez-vous de tous les damnés de la terre semble-t-il. Elle s’abonne même aux fils de discussion, elle a son C2i, pas de doute.

Elle repère des messages de jeunes qui sont forcément des lycéens à elle : ah mais, qui se cache derrière ce pseudo « qui vit seul avec sa mère et fait anglais LV1 ? » Ca fait bien 50 gamins, va falloir resserrer l’entonnoir, là.

Retour insupportable sur la séquence poker du Razmoket de service. Elle laisse faire. Le minot est en train de mettre la raclée de sa vie à son père sur le tapis des jetons, un père qu’il a  retrouvé, à qui il va faire le coup (inversé ) du « je suis ton fiiiiiiiiiiiiiils »

Ca suit toujours derrière ?

Eva, de retour au lycée, ne va évidemment pas mieux. Elle recommence au fond de sa baignoire, en dégottant une lame de rasoir dans un tiroir, qu’on se dit que si la mère s’en sert pour se faire le maillot, eh bien, elle a intérêt à avoir la main bien sûre. Bref, THE lame de rasoir, ancien modèle, du genre de mon père, délicatement enveloppée dans du papier de soie : je ne sais même pas si c’est encore commercialisé quelque part sous cette forme. Un peu en décalage avec le style working girl de la mère. Mais la mère arrive à temps, ouf.

L’histoire devient franchement lourdingue : dialogues de bistro, poker du minot, le Raoul qui révise ses tables, Victoire qui passe le balai…..

La meilleure amie d’Eva la questionne sur son passage à l’acte : « ça fait quoi ? » La réplique : « c’est comme si on glissait ».

Par contre, la fille de la CPE, la grande asperge qui voudrait aller danser, devise avec sa copine : « tu trouves ça courageux ? c’est pas plutôt fuir les problèmes ? »
(Ah mais oui, c’est pas courageux de glisser à l’infini.
C’est pas courageux de sauter du Golden Gate Bridge, de faire un saut  qui dure moins de 10 secondes et de percuter les eaux froides de la baie de San Francisco à plus de 100 km/ heure. J’dis ça, j’dis rien. J’ai parcouru plusieurs fois le Golden Gate fin août et j’ai regardé le film « The Bridge » qui raconte la fin des 24 personnes qui ont glissé ainsi en 2004, infime portion, sur les plus de 1500 qui ont glissé de même depuis la construction du pont. Fin de la parenthèse furibarde.)

C’est pas tout, mais il faut penser à la prévention, d’autant qu’une escouade de parents affolés-choqués-pas-contents déboulent chez le proviseur: Mais que fait l’établissement, mmmh?

Victoire a la solution-de-la-mort-qui-tue: faire parler les mômes! et pour ça, elle propose de «passer dans les classes». Elle calcule vite «10 minutes par classe, c’est bon à la fin de la journée».
Elle donne envie de parler, Victoire, quand elle «passe» dans les classes, ça donne ça: «on n’est pas là pour vous faire chier et vous mettre des heures de colle, nos bureaux sont grand ouverts».

Ca fait quand même son effet, mystère adolescent: vague de désinscriptions sur le forum «Partir». On fait difficilement mieux dans l’efficacité.
La meilleure amie d’Eva est la seule à trouver la méthode pourrie et démago: pas loin de faire le grand saut, elle est sauvée in extremis par Eva et Victoire qui ont cavalé dans l’antique R5 de la CPE. Enfin une vraie raison de vivre pour Eva qui a sauvé sa meilleure amie.

De son côté, le minot Arthur, as du poker, envoie bouler son père. Ce père l’a abandonné tout petit, ne comptait pas vraiment revenir, ne sait que jouer au poker dans la vie, mais roule en Audi. Un coupé, si j’ai bien regardé.

Et parce qu’il faut bien boucler la boucle, l’épisode se termine sur la petite famille Bonnot qui se fait une soirée poker.

Quant à la webmestre, elle est retournée à Krishnamurti: « La Vérité est un pays sans chemins »

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3 Responses to Victoire Bonnot: « les ados suicidaires, c’est pas mon truc »

  1. Excellent
    !

    rick of today
    3 octobre 2012 at 18:23

  2. Cher Monsieur,

    ce site est mis en ligne dans le but de générer des idées positives, constructrices et novatrices à propos de l\’éducation en milieu scolaire et n\’est pas une tribune voulant promouvoir l\’une ou l\’autre idéologie politique. Je vous remercie de tenir compte de cette ligne de conduite pour les commentaires.

    Bien cordialement,

    La webmestre

    gabriellecpe
    15 septembre 2012 at 12:03

  3. l humanité ça s apprend pas du jour au lendemain surtout quand on est issu d une famille de bobos socialo communistes fonctionnaires.

    smicard
    13 septembre 2012 at 11:04