Exclusion sociale et/ou scolaire: la France en pole position

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La lecture de deux récentes publications questionne et pourrait disposer en exergue le célèbre « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Il s’agit d’une part d’une étude de Georges Fotinos, diffusée lors de la journée-colloque de l’écoute de SOS Amitié du 13 novembre dernier. Une école française inégalitaire? on le savait, une école où l’exclusion se vit socialement, on le savait, mais une école qui pratique « 2 fois plus d’exclusions temporaires d’élèves appartenant à la catégorie « défavorisée »que ceux de la catégorie « favorisée », 3 fois plus de conseils de disciplines et d’exclusions définitives », ça pique les yeux. Pourtant, ces chiffres n’ont rien d’inédit: ils ont été rendus publics lors des Etats généraux de la sécurité à l’école en 2010.

2 ans après, Georges Fotinos interroge: « Comment l’école essaie de résoudre sa contradiction fondamentale entre sa mission éducative fondée sur la justice sociale et l’égalité des chances et une organisation structurelle et culturelle tournée principalement vers le dégagement d’une élite ? »

Dans la même période, la publication du « Portrait social de la France » par l’INSEE montre que l’avenir d’un élève se joue bien avant le bac et sur des éléments qui ont peu bougé depuis 25 ans.

« Sur 100 jeunes entrés en 6e en 1995, 44 sont désormais titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Cette proportion varie de 20 % pour les enfants d’ouvriers non qualifiés à 76 % pour les enfants de cadres ou d’enseignants. Une grande partie des inégalités scolaires se joue avant le baccalauréat. »

inseeL’étude de l’INSEE apporte de nombreuses précisions: accès au baccalauréat selon la catégorie socioprofessionnelle des parents, niveau de compétences à l’entrée en 6ème selon la catégorie socioprofessionnelle des parents et taux d’obtention du baccalauréat.

Encore une interrogation: « À niveau scolaire équivalent à l’entrée en 6e, les trajectoires se différencient par la suite : parmi les élèves ayant un niveau supérieur à la moyenne, 94 % des enfants de cadres obtiennent in fine le bac contre 79 % des enfants d’ouvriers. L’écart est plus marqué pour les enfants dont le niveau en 6e est inférieur à la moyenne : 74 % des enfants de cadres ont alors le bac, contre 36 % des enfants d’ouvriers. » (p.24, INSEE)

A lire:

  1. Georges Fotinos, « L’exclusion scolaire : à l’écoute d’un système » http://www.sosamitieidf.asso.fr/wp-content/uploads/2012/11/exclusion-scolaire-%C3%A0-l%C3%A9coute-dun-systeme5.pdf

  2. INSEE, portrait social de la France, édition 2012, « Les inégalités dans l’accès aux hauts diplômes se jouent surtout avant le bac »: http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=FPORSOC12c_VE2_educ

Dans les médias:

Voir aussi:
Figaro (28 novembre), « Des destins scolaires scellés dès l’entrée au collège »: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/11/28/01016-20121128ARTFIG00387-des-destins-scolaires-scelles-des-l-entree-au-college.php

 

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