L’anorexie sur Youtube: pas bon ménage!

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« si à 50 ans, tu n’entres plus dans ton 36, t’as raté ta vie »?

D’ici quelques semaines, nous ne pourrons échapper aux marronniers des magazines titrant sur les trucs et astuces pour retrouver la ligne d’ici l’été, le tout illustré de photos de mannequins sortis d’un monde où ne poussent que radis et concombres.
Il y a déjà quelques années, l’initiative de Valérie Boyer avait été saluée par ceux qu’inquiètent les « canons » actuels de la « beauté ». La députée avait déposé une proposition de loi visant à faire mention qu’une photographie d’images corporelles avait été retouchée. Une loi anti-Photoshop en quelque sorte.

anorexieDepuis 2006 en effet, les inquiétudes font régulièrement surface et les prises de conscience donnent naissance à des chartes de bonne conduite, ou même des interdits quant à l’utilisation de mannequins trop maigres ou encore un nouveau délit, celui d’incitation à la recherche d’une maigreur extrême ou à l’anorexie.

La réglementation ambitionne de freiner les excès les plus flagrants, en imposant un IMC minimal pour défiler (en Espagne) ou des mesures moins contraignantes (Etats-Unis, France, Italie), s’appuyant sur le bon sens et le sens des responsabilités des éditeurs ou des organisateurs de défilés.

Il faut cependant faire avec la mauvaise humeur des uns et des autres. Pour exemple, celle du président de la Fédération française de la couture, Didier Grumbach: en 2006, il prenait de haut l’initiative espagnole et déclarait: «La mode ne se réglemente pas. Si une mesure similaire était prise en France, tout le monde rigolerait».
Deux années plus tard, et quelques décès de mannequins plus tard, il s’exprime à propos de la charte de bonne conduite signée en France par les professionnels du monde de la mode et du luxe: il se satisfait d’une charte qui « incite à être précautionneux mais, heureusement, ne réglemente pas ».

Mais le monde de la mode et du luxe, les images photoshopées, les magazines ne sont pas les seuls « prescripteurs » du paraître.
Une récente étude sur Youtube montre qu’en sélectionnant des vidéos avec les tags «thinspo», « proana»,  «anorexia» ou «anorexia nervosa»,  les vidéos « pro-ana » ne sont pas majoritaires sur la plateforme, mais suscitent plus d’interactions, plus de commentaires positifs tandis que les vidéos de prévention  « ne sont pas suffisamment attractives ».

Les chercheurs expliquent:
« Parmi les raisons de cette impopularité, les chercheurs soulignent qu’elles sont trop diffusées par les autorités de santé publique, et qu’elles n’offrent pas ou peu de possibilités aux internautes de commenter l’information ou tout du moins d’y contribuer. »


Il reste donc un média à investir plus efficacement par les instances de santé publique car:

« L’insatisfaction des adolescentes à l’égard de leur corps trouve donc écho sur la Toile où elles sont souvent confrontées aux modèles alimentaires problématiques de certaines célébrités. »

L’étude: L’anorexie sur Youtube: la promotion d’informations erronées: http://tinyurl.com/dyuy86k

Sitographie:

 

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