Violence d’un clip: la violence mise en scène vs la violence réelle

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Violent? Outrancier? Réaliste? Trop réaliste?
A « censurer » ou non?

Black City ParadeCollege Boy raconte l’histoire d’un adolescent harcelé par ses camarades, au sein d’un  établissement scolaire: boulettes de papier puis dégradation de son casier, puis lynchage en règle par ses camarades en uniforme de collégien avec en point final, une scène étrange de crucifixion qui le voit être abattu tandis que le « public » ne voit rien, yeux bandés, un peu comme les policiers qui interviennent (et font usage d’un Taser contre lui d’ailleurs)

Le clip d’Indochine « College Boy » fait beaucoup par de lui et divise: travail d’artiste qui ne fait que montrer la réalité vécue d’une frange non négligeable d’élèves, à montrer en pleine journée ou relégué après 22h comme le souhaite Françoise Laborde du CSA?
Les images violentes des clips de prévention de la Sécurité routière méritent-elles le même traitement? Nicolas Sirkis, chanteur d’Indochine,  se défend en effet d’avoir voulu choquer avec son clip:

« Pour moi, c’est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux accidents de la route. C’est plus éducatif qu’autre chose. »

 

Pourtant, Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a réagi vigoureusement, en critiquant la violence d’images qui ne devraient pas, selon elle, passer en journée. Au sein du CSA, elle préside le groupe de travail sur la jeunesse et la protection des mineurs au CSA et et ne veut pas entendre parler d’esthétisme ou d’art dans cette « mode » de la violence: « La mort, ce n’est pas esthétique. La violence ce n’est pas esthétique. La torture ce n’est pas esthétique ».

Eric Debarbieux, quant à lui, botte en touche:« ce clip d’Indochine est une œuvre artistique, qui en cela doit être respectée et qui a le mérite de rappeler l’importance et la gravité du phénomène de harcèlement à l’école. Il n’est pas question de censure ».
Et ajoute: 

« Mais je dois souligner le caractère outrancier de ces images, qui sont d’une violence insoutenable » (…)« Ce qui est dommage, c’est que ce film ne montre aucune solution, alors qu’elles existent. Il n’y a pas de fatalité au harcèlement. »

Le mot de la fin, laissons- le à Nicolas Sirkis: « Ce clip est triste, beau et violent comme peut l’être la vie. »

  1. Interview de Nicolas Sirkis dans le Soir.be (clip en ligne), « Un ado crucifié dans le nouveau clip d’Indochine » (2 mai): http://blog.lesoir.be/frontstage/2013/05/02/indochine-le-clip-choc-de-college-boy/

  2. Le Parisien, « Révoltant» ou «magnifique» : le dernier clip d’Indochine fait parler de lui » (2 mai): http://www.leparisien.fr/musique/revoltant-ou-magnifique-le-dernier-clip-d-indochine-fait-parler-de-lui-02-05-2013-2774221.php

  3. L’Express, « College Boy, le nouveau clip d’Indochine, est-il trop violent? » (2 mai): http://www.lexpress.fr/culture/musique/college-boy-le-nouveau-clip-d-indochine-est-il-trop-violent_1245847.html

  4. Le Monde, « Harcèlement à l’école : la violence du clip d’Indochine choque » (2 mai): http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/02/harcelement-a-l-ecole-la-violence-du-clip-d-indochine-choque_3170257_3224.html

  5. Blog Nouvel Obs, « Vidéo Indochine: le clip de « College boy » qui choque le CSA » (3 mai): http://obsession.nouvelobs.com/musique/20130502.OBS7950/indochine-le-clip-de-college-boy-joue-la-provoc.html

  6. Le Figaro, « Le clip d’Indochine censuré au Québec », (3 mai): http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/05/03/97001-20130503FILWWW00443-indochine-censure-au-quebec.php

 

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2 Responses to Violence d’un clip: la violence mise en scène vs la violence réelle

  1. un clip dur , violent et dans l'ordre du symbolique ! doit suciter une réflexion et matère à débats

    baur dominique
    21 mai 2013 at 14:24

  2. Je n'ai pas vu le clip mais à mon avis, sans être grand fan d'Indochine, il est bien moins nocif que n'importe quelle émission décérébrée de téléréalité que l'on peut croiser sur le câble ou la TNT… La question de la censure d'un tel clip est au mieux réactionnaire (pourquoi pas venant d'une instance comme le CSA) au pire perverse puisqu'il faudrait cacher aux yeux des jeunes gens un regard artistique sur la situation de notre société mais les livrer corps et âme à des programmes qui n'ont comme autre ambition que livrer leur cerveau rendus disponibles à des plages complètes de pub !!

    Erwan'n
    13 mai 2013 at 16:22