On avait Victoire Bonnot? on s’est vengés: les profs ont leur Sam!

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D’habitude je fais dans le CPE, monomanie oblige et nostalgie professionnelle aussi (un peu). Spécialiste en tout pourtant, en brave CPE que j’étais, pourquoi ne pas me diversifier, prendre prétexte de l’insécabilité supposée du binôme prof-cpe? Mmmh?

Vengeaaaaaance, les CPE ont enduré Victoire Bonnot la CPE télévisuelle et déjantée. Les profs auront leur Sam.

Pas le Sam de Sam Suffit, pas le Sam qui boit pas. (En Belgique dont je vous écris, on dit Bob. Remarquez le caractère monosyllabique du prénom de l’unique pote pas bourré de la soirée: s’il s’appelait Ambroise ou Mathurin, le temps de rassembler ses esprits à le nommer, sûr que le Mathurin serait déjà en train d’en reconduire un autre. Alors que brailler Bob ou Sam entre deux hoquets, ça peut le faire, y a moyen de se faire comprendre).

Donc là c’est Sam, mais au féminin. Donc c’est pas le gars pas bourré qui reconduit tous les imbibés à la Jupiler.

Hier soir, c’était le premier épisode diffusé en France. Avec ce titre qui claque: « la gifle » (elle est facile, je sais). En Belgique, nous avions 15 jours heureux d’avance pour démarrer la série, le temps d’être remis de nos émotions quand les Français s’y colleraient. Alors c’est qui Sam? Un professeur de français « adorée de ses élèves », forcément.

 

samA 00:49, on fait la connaissance de Sam: dans les toilettes filles, en train d’en griller une en loucedé, les bottines collées sur le dérouleur de PQ. Sur les murs, poésie adolescente de tags et de dessins. La caméra passe direct de la grosse bite au « Love is in the air » tracé au dessus de la chasse d’eau, pour s’attarder sur le regard lumineux de Sam, genre « alors heureuse?? »
Mais pourquoi fumer en cachette? pourquoi ce sourire béat? On apprend par un zoom brutal en direction de la famille à table, que Sam a arrêté de fumer, et qu’elle est peut-être donc un peu vénèr, bref qu’il ne faut pas lui demander de mitonner des petits plats. Lasagnes en barquette pour tout le monde quoi.
On comprend mieux pourquoi Sam a l’humour lourd à 1:37, quand elle charrie « votre petit frère homosexuel ». Le vrai problème d’Hugo, ledit homosexuel en question, c’est qu’il a un devoir de maths, et ça c’est super moche.
Il s’est donc passé moins de 2 minutes et on sait que Sam est une grosse mytho, qu’elle fait des blagues à deux balles, qu’elle ne passera pas à Top  Chef, et que son fils n’est pas vraiment matheux.

Elle y retourne dans ses toilettes filles, la Sam, et corrige même une faute de grammaire sur le mur, une phrase qui décrit ses performances supposées au pieu: c’est vrai que ses élèves « l’adorent ». A propos de fumer dans les toilettes des élèves, faut croire que toute l’équipe vie scolaire est enrhubée et/ou qu’y a pas une balance dans tout ce bahut. Je dis bahut, c’est un collège où les élèves me paraissent des géants. Pas de sprats à soulever d’une main, mais des grands machins casquettes à l’envers aussi.
C’est dans ces toilettes qu’elle fait la connaissance d’Aurélie, nouvelle prof et forcément à la ramasse, qui chouine et re-chouine avant d’être accompagnée en classe par Sam qui joue à fond son rôle de tutrice non indemnisée, mission attrapée au vol à la récré quand le principal l’a désignée ainsi.
Ben tiens, justement le principal: on le découvre, besoignant Sam sur son bureau pendant…un interclasse? une heure creuse dans EDT? une autre récré? Ca arrive comme ça, ça fait un peu bizarre, d’autant que le gars, on n’en ferait pas forcément son 4h. Enfin moi non, vous, je sais pas. Il peut se le permettre le principal, il a de la place sur son bureau, à vue d’oeil, son écran d’ordi doit être un minable 23 pouces.
Petit joueur!! Faire chef pour se retrouver avec un 23 pouces, purée, faut avoir la foi.

Revenons à un des moments-clé de l’épisode, vous savez, ces moments où vous découvrez en accéléré la vie de l’héroïne, son passé, ses zamouuuuuurs. Là, au repas où garçon et fille vont présenter leur amoureux-se à Maman Sam, on apprend qu’il y a comme un passif entre Sam et sa propre mère, que Sam a forniqué avec ledit Alexandre que son fils est tout fier de lui présenter comme son futur beau-père. Du coup, Sam a un regard perdu dans le vague pendant le repas, genre elle va nous faire des vapeurs à revoir son ex (qu’est pas dégueu d’ailleurs). Ca nous promet une fameuse machtouille comme on dit en Belgique.

Déjà un truc pas clair dans ce collège: les élèves arrivent en courant ou en pédalant comme des fous. Moi ça me gêne. Parce qu’ensuite, les 4ème 2 par exemple font la misère à leur nouvelle prof de français, celle qui s’est placée sous l’aile protectrice de Sam. En tant que tutrice, elle donne de bons conseils concernant le fameux Enzo et son portable péteur: « tu le prends entre 4 yeux et tu lui rentres dedans à fond, c’est qui le chef, hein? » Là, on s’incline, l’ESPE s’incline, on dit tous alléluia.

Sauf que la nouvelle, elle la prend au mot Sam, avec ses phrases à la con. Poussée à bout par un Enzo caricatural dans son rôle d’élève qu’on passerait bien par la fenêtre mais-pas-le-droit, elle lui met une gifle, genre celle de Joey Starr au Gilles sauf qu’il saigne pas Enzo. N’est pas un Joey baffeur qui veut.

Le père d’Enzo n’a pas la langue dans sa poche, il veut la peau de la prof, une mutation ou un blâme, quelle rigolade! Le principal tente un genre de langue de bois, ça ne prend pas. Le père garagiste fait son résumé perso du système: « y a d’un côté les profs qui font grève ou qui sont en congé maladie, et de l’autre, les profs qui foutent des baffes. »
Moi j’aurais ajouté « les profs qui sont contre la réforme du collège ». Rhooooooo.

N’empêche que le père, il ne dit pas qu’il va « écrire à l’académie », non, il a des potes dans les médias et on va voir ce qu’on va voir. Et pis son Enzo, il va le claquer dans le privé. Et Sam de conclure par un étonnant « ça ne sert à rien, les profs dans le privé, c’est les mêmes fainéasses ». En tant que CPE, j’étais la spécialiste de l’assertivité, j’en faisais des kilos, ça prenait un temps fou. Quelle idiote j’étais. Un truc bien senti, et puis hop, le père est dehors furax. Les miens, pour un peu, ils me faisaient la bise. Ouais ok, j’embellis le passé.

N’empêche que la CPE lui dit dans un registre de langage qui change pour une fois, dans cet épisode plutôt bite-couilles, « t’as vraiment un problème dans ta relation à l’autre! ». Dis comme ça, ce n’est pas assertif, mais c’est plus poli que « t’es vraiment qu’une pouffiasse ». A quoi on reconnaît une CPE? à ça.

A quoi on reconnaît une prof à la con? Quand la nouvelle lui dit « j’aimerais creuser un trou et me mettre dedans », répondre « allez ma bichette, rentre chez toi, on verra demain ».

Pourtant, elle ne dit pas que des conneries, Sam: elle est furax que sa stagiaire soit mise à pied (pour une Madame Schneck, c’est tragi-comique), et balance au principal: « c’est fou comme l’administration est réactive quand il y a un connard et trois journalistes ». Ou quelque chose d’approchant, ce n’est pas du mot à mot: c’est déjà assez pénible de se taper cet épisode en replay, je vais pas faire rewind toutes les 5 minutes non plus.

Du coup, Sam arrive à faire sortir le père de ses gonds, la cavalerie met un peu de temps à arriver alors qu’il la saisit au col et il a le temps de quitter les lieux quand enfin le principal arrive et un gars, un prof je crois. De CPE, point.

Ca finit vraiment en eau de boudin leur truc. Sam découvre que son fils est victime d’insultes homophobes et que sa fille ne va plus au lycée depuis un mois. Elle tombe de l’armoire, comme on dit en France et en Belgique.

Tout ça mis à part, j’dis ça, j’dis rien, mais son chat, à Sam, il aurait besoin d’un sacré coup de brosse (à 36′).

Sam: http://www.tf1.fr/tf1/sam/videos/sam-gifle.html

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