Préfet des études? c’est C.L.A.I.R.

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C’est une des mesures annoncées par le ministre à l’issue des Etats généraux de la sécurité à l’école.



« 5. Engager des actions ciblées dans les établissements les plus exposés à la violence
Le ministre entend substituer aux dispositifs existants une nouvelle cartographie des établissements concentrant le plus de difficultés en matière de climat et de violence. Un nouveau programme, baptisé CLAIR (Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite) sera créé et expérimenté dans une centaine d’établissements à la rentrée prochaine, avant d’être étendu à la rentrée 2011.
Ce programme se caractérisera par des innovations dans le champ de ressources humaines, avec un effort porté sur la stabilité des équipes, dans le champ de la pédagogie avec un large recours aux expérimentations permises par la loi, et enfin dans le champ de la vie scolaire avec la désignation d’un préfet des études pour chaque niveau. »


Préfet des études? L’expression rappelle quelque chose à la mi-belge que je suis. Et encore, rien n’est simple en Belgique.
Limitons-nous à la Wallonie.

Pour l’athénée royal de Peruwelz (Belgique) le préfet des études est décrit comme suit: « Il est responsable de l’organisation générale de l’école: difficultés passagères dans un cours, relations difficiles avec un professeurs, souhait de changement d’option, …), s’il n’a pas été possible de résoudre ce problème avec le professeur concerné. »


Mais sur le site de Communauté française de Belgique « monmetiermonavenir« , est dit synonyme de « préfet des études »…chef d’établissement!


Cette synonymie est reprise dans des appels officiels à candidats pour des postes vacants: préfet des études est équivalent à directeur.


zorroEn repassant la frontière, rien n’est vraiment plus simple: un préfet des études? il veille à la discipline dans les collèges jésuites.

Un préfet des études d’un collège sous tutelle jésuite de Marseille nous explique ses fonctions: « Nous sommes trois Préfets des Etudes à Provence. Je me charge des sixièmes et des cinquièmes ; Monsieur Andréani, des quatrièmes et des troisièmes ; Monsieur Micol, des classes du lycée. Nous avons présent à l’esprit cette belle définition de notre rôle mais il est probable que chacun agit avec ses priorités et en fonction de son tempérament. C’est d’autant plus vrai que nous disposons de Conseillers Généraux en Education au collège comme au lycée, responsables de la « Vie scolaire ». Le maintien de la discipline leur incombe… (la suite) »


Ca ne s’invente pas, mais c’est dans le journal La Croix qu’on lit une description de ce que fera et sera le préfet des études: un genre de « super CPE ».


« Il sera en fait une sorte de “super CPE” qui pourra tenter de comprendre pourquoi tel ou tel élève est régulièrement absent des cours ou se montre agressif. Il ne s’agit pas de se décharger sur lui de tous les problèmes mais de lui permettre de mettre l’accent sur la prévention, d’être réactif aux moindres actes de violence et, de la sorte, de traiter le mal à la racine, par un travail d’équipe. »


La Croix, « Quel sera le rôle du futur préfet des études ? »: http://www.la-croix.com/Quel-sera-le-role-du-futur-prefet-des-etudes-/article/2421810/4076

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3 Responses to Préfet des études? c’est C.L.A.I.R.

  1. Effectivement le poste de prefet des études ressemble à celui de CPE, en voulant tout simplement aider les CPE dans les missions difficiles, l'Etat va faire de l'ombre au statut de CPE, comment concilier ces deux postes sans diminuer les responsabilités des CPE ?

    D'autre part, si le recrutement des prefets des études, passe par le concours CPE à BAC+5, cela permettra d'avoir une offre plus importante de poste pour les personnes ayant passé le concours CPE et d'augmenter le nombre d'admission.

    Lati (Etudiante CPE)
    17 septembre 2010 at 1:32

  2. Les mesures qui ont été prises suite aux états généraux de la violence devraient normalement provoquer une levée de boucliers chez les syndicats enseignants. En effet, elles ne répondent en rien aux revendications syndicales de ces dernières années (arrêt des suppressions de postes, dé-précarisation des statuts des personnels de vie scolaire, etc…) mais elles permettent au contraire de mettre en place des mesures, en se servant de la violence et donc de la souffrance des équipes enseignantes, qui sont habituellement très contestées par les syndicats : le recrutement direct des professeurs par les chefs d'établissement (qui remet en cause le principe du système des mutations), et l'affiliation de la vie scolaire à la direction de l'établissement avec la création du préfet des études. Bien sûr, tout n'est pas à jeter dans ce plan, mais il me semble que ces mesures sont bien à rejeter par principe, au vue de la méthode utilisée. Depuis plusieurs années, le gouvernement reste sourd au ras le bol des profs, puis prend des décisions en grande pompe en créant un coup de com et sans concertation avec les professionnels.

    mat
    12 juin 2010 at 17:43

  3. Ils sont donc devenus fous au ministère !!!
    Les missions des futurs préfets ressemblent furieusement à celles des CPE.
    Alors pourquoi ne pas recruter davantage de CPE?
    Peut-être est-ce dans le positionnement de ces futurs personnels, appartenant à l’équipe de direction que se trouve la réponse….
    Je suis curieux (et très inquiet en même temps) du rapport hiérarchique qui va exister entre les deux fonctions.
    Du personnel précaire ou non formé, pour faire un boulot pour l’essentiel de CPE, et faire comme si la fonction de CPE n’existait pas ou la réduire à celle de surveillant général, je n’appelle pas cela une évolution mais une régression.
    En même temps, quand je regarde autour de moi et que je consulte les collègues enseignants ou les personnels de direction sur leurs attentes par rapport à notre travail, je me dis qu’au ministère ils auraient tort de ne pas tenter le coup…..

    Philippe (CPE)
    14 avril 2010 at 19:35