Établissements de réinsertion scolaire

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« Ces élèves qui perturbent gravement le climat de la classe ou de l’établissement scolaire et dont les relations avec les enseignants et les autres élèves sont très conflictuelles nécessitent un éloignement et une prise en charge différente.« 


La création d’une dizaine « ERS » (Etablissement de réinsertion scolaire) a été annoncée dans le dernier BO de l’été. Elle fait suite aux Etats Généraux de la sécurité à l’école et à la volonté du chef de l’Etat de « rétablir et de réhabiliter les mots respect et ordre »  en  réhabilitant « l’apprentissage de la règle, le respect de l’autorité et le goût de l’effort » (discours du 5 mai 2010 devant un parterre de préfets, procureurs généraux, recteurs et inspecteurs d’académie)


Concrètement, que sont les ERS selon la circulaire les définissant?


Pour qui?
« élèves perturbateurs scolarisés dans le second degré, qui ont fait l’objet de multiples exclusions, âgés de 13 à 16 ans, issus des classes de 5ème, 4ème et 3ème, qui ne relèvent ni de l’enseignement spécialisé et adapté, ni d’un placement dans le cadre pénal« 
L’entrée en ERS se fait après examen d’un dossier envoyé par le principal d’un EPLE au groupe de pilotage départemental en charge des dispositifs relais et décision de l’Inspecteur d’académie:
« Il est nécessaire que l’accord du jeune et de sa famille ou du responsable légal soit mentionné dans le dossier. Si cet accord ne peut être obtenu, une saisine du procureur peut être engagée par l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale, afin que puisse être étudiée l’opportunité de prononcer un placement en ERS au titre de mesure d’assistance éducative.« 


Pour quoi?
« une scolarisation aménagée, le plus souvent au sein d’internats scolaires spécifiques, afin de les réinsérer dans un parcours de formation générale, technologique ou professionnelle.
Ces établissements doivent à la fois favoriser la maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences, faire prendre conscience aux jeunes de l’importance du respect des règles de la vie sociale et scolaire et permettre une démarche de réinvestissement dans les apprentissages.
« 


Comment?
– « Les pratiques sportives sont à développer tout particulièrement, pour les valeurs qu’elles portent « ;
– « L’éducation à la citoyenneté est privilégiée »;
– « L’emploi du temps est globalement organisé de la façon suivante :
– le matin, les élèves bénéficient de temps d’enseignement dans diverses disciplines ;
– l’après-midi, différentes activités sont organisées, notamment des activités sportives à raison de deux heures chaque jour et des ateliers autour de la citoyenneté, de la santé, etc. ;
– en fin d’après-midi, est mis en place l’accompagnement éducatif.
« ;
– « Pour chaque élève affecté en ERS, un bilan est réalisé dès son arrivée à partir duquel un parcours de formation personnalisé est mis en place, afin d’offrir de réelles chances de réinsertion scolaire et sociale.
Un bilan hebdomadaire est effectué, pour chaque jeune, par l’équipe pédagogique et éducative.
« 


Pour quelle durée?
« À l’issue d’une période de présence en ERS d’un an, la commission départementale, à partir de la proposition de l’équipe pédagogique et éducative de l’ERS et du chef de l’établissement scolaire de rattachement, émet un avis sur la réintégration de l’élève en collège. La période de présence dans un ERS peut être toutefois inférieure à un an pour les élèves affectés durant le premier trimestre ou dans le courant de leur année de troisième.« 


Etablissement de réinsertion scolaireAvec qui?
« L’équipe d’encadrement des élèves est constituée d’enseignants et d’assistants d’éducation et s’appuie sur les ressources de l’établissement public local d’enseignement auquel l’ERS est rattaché. Elle peut être complétée des personnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), des éducateurs du Conseil général, des intervenants associatifs, des volontaires du service civique ou des personnels dépendant d’autres organismes.« 


Le premier ERS ouvrira ses portes dès la rentrée de septembre, dans l’académie de Nice, grâce au soutien, entre autres, du Conseil général des Alpes maritimes présidé par… Eric Ciotti.


Le premier ERS de France, dans l’académie de Nice: http://www.ac-nice.fr/azurnet/sections/eleves-parents/repertoire/ers/

Circulaire n° 2010-090 du 29-6-2010: http://www.education.gouv.fr/cid52474/mene1015823c.html


A lire aussi:
« Tout ça, ce sont des idées très anciennes qu’on essaie de réacclimater. Ce serait une grande première si ça réussissait« 
(13 juillet) RTLinfo.be, « Une vingtaine d’internats pour élèves « perturbateurs » à la rentrée » avec la réaction de Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN: http://www.rtlinfo.be/info/monde/france/723191/une-vingtaine-d-internats-pour-eleves–perturbateurs–a-la-rentree

Au Sénat, Brigitte Gonthier-Maurin interroge le ministre: « elle l’interpelle sur le choix de sortir les élèves en difficulté ou absentéistes de l’école « classique », au risque de les isoler davantage, de les stigmatiser et de les couper de l’outil scolaire d’intégration sociale.« 

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