Des écoles-prison pour les mineurs délinquants?

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assemblée nationaleAlors que l’ouverture récente d’Etablissements de Réinsertion Scolaire (ERS) a suscité beaucoup de réserves, d’autant plus que des incidents inquiétants y ont eu lieu dès les premiers jours (Craon ou  Portbail), Yves Lachaud a déposé une proposition de loi en vue de la création « d’établissements d’éducation, de discipline et de réinsertion pour les mineurs délinquants ».


« Cet établissement pourrait s’apparenter de loin aux boot-camps américains, qui sont aujourd’hui à l’étude au Canada et en Belgique. » De loin seulement, on est rassurés.


L’argumentation repose sur les mêmes détours que ceux développés par Luc Chatel concernant les ERS: ce dernier pointait l’absence de dispositif situé à mi-parcours de la classe-relais et des centres placés sous autorité judiciaire.


Le député explique en effet:

« Entre les renvois temporaires ou définitifs totalement inefficaces auprès des enfants déscolarisés, et les peines de prison survenant trop tard après l’entrée du jeune dans le monde de la délinquance, les sanctions intermédiaires, de type ITEP, centres éducatifs ouverts ou fermés, sont aujourd’hui trop peu nombreuses, mal adaptées et souvent très coûteuses pour la société. »


On note au passage une grossière erreur concernant les ITEP: les Instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques y sont présentés comme sanctions éducatives au même titre que le placement en centres éducatifs ouverts fermés, alors que l’entrée en ITEP se fait sur décision de la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) au sein de la MDPH. Méconnaissance étonnante de la part d’Yves Lachaud qui fut rédacteur d’un rapport en 2003 sur l’intégration des enfants handicapés en milieu scolaire, à une époque, il est vrai, où les ITEP s’appelaient encore IRP (Instituts de Rééducation Psychothérapeutique).


Des « établissements d’éducation, de discipline et de réinsertion »:

Pour qui?

Pour des jeunes mineurs condamnés pour des actes de violence, de dégradation et d’atteinte à l’ordre public.

Dans quel but?

Education, formation et réinsertion

Quelles méthodes?

« les jeunes doivent suivre un programme quotidien de travail, d’exercices physiques et d’activités de loisirs particulièrement structuré et chargé ; un suivi sérieux est assuré lors du retour en milieu de vie ordinaire. »

➠ « les violences physiques et verbales, les rébellions, etc., seraient immédiatement sanctionnées par une exclusion du cours, qui elle-même impliquerait exercice physique et punition. »

➠ « Ils y bénéficient obligatoirement, selon leur niveau, d’une remise à niveau scolaire ou d’une formation professionnelle. Ils doivent également suivre un programme quotidien de travail, d’exercices physiques et d’activités de loisirs. Ils y apprennent enfin les règles de la vie en société, de la citoyenneté, du respect d’autrui et de l’État et de ses institutions et de ses représentants ».

L’idée  d’un encadrement vigoureux est loin d’être nouvelle: Ségolène Royal en avait fait son programme de lutte contre les violences lors de la dernière campagne électorale en proposant le « développement des centres éducatifs renforcés, si besoin avec un encadrement militaire. » Et fin août, elle proposait au ministère de la Défense d’expérimenter un tel dispositif dans sa région de Poitou-Charente.

Proposition de loi créant des établissements d’éducation, de discipline et de réinsertion pour les mineurs délinquants: http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3016.asp

Les boot camp américains vus par le Canada (1996): http://dsp-psd.pwgsc.gc.ca/Collection-R/LoPBdP/BP/bp426-f.htm

Un boot camp américain vu par la Libre Belgique (2006): http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=285355


Pour en savoir plus sur les ITEP:
Site de l’AIRe (Association des ITEP et de leurs Réseaux): http://www.aire-asso.fr/itep.php

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One Response to Des écoles-prison pour les mineurs délinquants?

  1. J envoi un SOS pour mon petit-fils car depuis l’âge de 10 ans, il en a maintenant 15 il a été suivi par tout l’encadrement scolaire, médical, social, mais sans résultat.
    Ma fille a préféré vivre dans une maison insalubre pour donner la chance a son fils (elle a 5 enfants dont certain font de hautes études)
    Lui maintenant fume, se drogue, vole et c est enfuit du domicile, ne reste scolarisé dans un établissement pas plus de 2 mois (prive ou public) et dernièrement a menacé ma fille, sa mère, parce qu’elle ne voulait pas accueillir des copines à dormir à la maison. Se lève que l’aprés midi ?
    Il est rejeté par l’ensemble du milieu scolaire. Nous lisons sur de multiples revues comment se diriger vers les réseaux adaptes mais rien ne bouge tout cela n’est que pipo
    Tous ces enfants mal adapter dans le milieu scolaire sont des laissés pour compte et la société va se plaindre d’avoir des voyous des incapables…
    Voilà je voulais m’exprimer. Ma fille n’a qu’à subir jusqu’ à ses 16 ans.
    Et après c’est ???????????

    Leroy Valerie
    23 mars 2018 at 18:05