BO du 8 juin 2006: éducation à la solidarité et au développement

Filed under: BOEN |

Dans le BO du 8 juin, la note de service du 19 mai 2006 recense les différentes actions éducatives dans le cadre de l’éducation au développement et à la solidarité internationale. De nombreux liens utiles permettent de s’engager.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/23/MENC0601405N.htm

Note de service n°2006-091 du 19 mai 2006

Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux vice-recteurs ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale ; aux présidentes et présidents d’université ; aux directrices et directeurs d’école primaire ; aux déléguées et délégués académiques aux relations internationales et à la coopération

Sensibiliser les français aux enjeux du développement est une priorité des pouvoirs publics. C’est le sens du plan d’action gouvernemental qui sera prochainement présenté au Comité interministériel de la coopération internationale et du développement. Ce plan, qui associe plusieurs départements ministériels (notamment le ministère des affaires étrangères, le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, le ministère de l’agriculture et de la pêche et le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative), comporte une dimension éducative forte qui s’adresse à tous les publics, et tout particulièrement les élèves et les étudiants.
Au-delà des réponses ponctuelles à des situations humanitaires d’urgence pour lesquelles la communauté éducative sait au besoin se mobiliser, l’éducation au développement et à la solidarité internationale constitue en effet une composante pérenne et fondamentale de la formation des jeunes ; à ce titre, elle s’inscrit au cœur des missions de l’école et participe résolument de l’éducation à la citoyenneté.

L’éducation au développement et à la solidarité internationale dans l’école

L’éducation au développement et à la solidarité internationale peut s’effectuer dès le plus jeune âge. Elle participe notamment de l’enseignement de l’éducation civique à l’école primaire et au collège, et à l’éducation civique, juridique et sociale dans les lycées. Elle peut aussi prendre appui sur les enseignements disci plinaires, notamment d’histoire, de géogra phie, de sciences de la vie et de la Terre, de français, de mathématiques et de philosophie. Elle s’inscrit également dans les dispositifs pédagogiques transversaux, tels que les itinéraires de découverte au collège, les travaux personnels encadrés en classe de première et les projets pluridisciplinaires à caractère professionnel en lycée professionnel ; elle s’appuie enfin sur l’ensemble des projets pédagogiques et actions éducatives inscrits dans les projets d’école et d’établissement.
L’éducation au développement et à la solidarité internationale vise à faire comprendre les grands déséquilibres mondiaux et à encourager la réflexion sur les moyens d’y remédier. Elle entend donner aux jeunes des clés pour mieux s’orienter dans le monde dans lequel ils vivent et mieux analyser la multiplicité d’informations auxquelles ils sont confrontés. Elle privilégie la démarche pédagogique dans la durée et contribue ainsi à faire évoluer les mentalités et les comportements de chacun dans le but de construire un monde plus juste et solidaire.
L’éducation au développement et à la solidarité internationale est donc une éducation pour un développement durable, dans la continuité des orientations fixées par le B.O. n° 28 du 15 juillet 2004.

Cinq thèmes privilégiés

Parmi les grands thèmes d’actualité traités aux Nations unies et à l’UNESCO, cinq se prêtent particulièrement à la sensibilisation des enfants et des jeunes au développement et à la solidarité internationale :
– les droits humains : civiques et politiques, économiques, sociaux et culturels ;
– le développement durable ;
– la diversité culturelle ;
– l’éducation de qualité pour tous ;
– l’économie au service de l’homme.

Acteurs et partenaires

Les établissements scolaires sont invités à s’assurer le concours des établissements d’enseignement agricole, des services déconcentrés de la Jeunesse et des sports, des collectivités territoriales, ainsi que celui d’associations de solidarité internationale et de campagnes de sensibilisation bénéficiant des références requises au regard du service public. Parmi ces associations figurent notamment :
– l’ensemble des membres de la plate-forme française d’éducation au développement et à la solidarité internationale (Educasol), qui rassemble notamment quatre campagnes de portée nationale menant des actions d’information, de sensibilisation et d’éducation au développement et à la solidarité internationale. Conçue comme une plate-forme de concertation permettant de dégager des positions communes et de valoriser l’éducation au développement auprès des pouvoirs publics, Educasol (http://www.educasol.org/) anime des groupes de travail favorisant les échanges de pratiques et d’expériences. Elle organise des formations spécifiques à l’éducation au développement et à la solidarité internationale et propose aux acteurs, notamment aux enseignants, un appui méthodologique, des publications et deux bases de données, l’une sur les outils pédagogiques et l’autre sur les échanges d’expériences ;
– le réseau RITIMO, qui regroupe plus de 70 lieux d’information spécialisée sur la solidarité internationale et le développement et met à la disposition du public de la documentation, des informations, des animations et des pistes pour agir, ainsi que des bases de données bibliographiques consultables sur le site (http://www.ritimo.org/) ;
– les “espaces régionaux d’appui, d’échange et de concertation pour les acteurs de la coopération”, implantés dans une dizaine de régions (liste sur le site http://centraider.org/) ;
– le Comité français pour l’UNICEF constitue également un partenaire privilégié pour la communauté éducative (ressources pédagogiques, interventions de bénévoles dans les établissements scolaires, clubs UNICEF). Pour en savoir plus http://www.unicef.fr/ et les comités départementaux de l’UNICEF.

Des temps forts

En matière d’éducation au développement et à la solidarité internationale, des campagnes nationales de sensibilisation, animées par des associations de solidarité internationale, d’éducation populaire, des syndicats et des collectivités territoriales, coordonnent tout au long de l’année scolaire des temps forts qui sont autant d’opportunités de mettre en valeur les initiatives et les projets :
– La campagne AlimenTERRE pour une agriculture viable et durable, coordonnée par le Comité français pour la solidarité internationale organise des événements le 16 octobre, journée mondiale de l’alimentation. 150 associations partenaires proposent des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires, ainsi que des dossiers pédagogiques et des expositions qui peuvent être commandés ou téléchargés sur le site (http://www.cfsi.asso.fr/).
– La Semaine de la solidarité internationale qui se déroulera pour sa 9ème édition du 11 au 19 novembre est coordonnée par le Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID). En 2005, sur 3 264 animations, une sur deux était à destination des enfants et des jeunes dont un tiers en milieux scolaire et étudiant. Ce grand rendez-vous annuel d’information et de sensibilisation à la solidarité internationale invite la communauté éducative à poursuivre des projets dans ce sens. Impulsée par de nombreuses associations et collectivités territoriales, La Semaine (http://www.lasemaine.org/) propose des soutiens financiers aux acteurs locaux et des pistes concrètes au public pour agir en citoyen solidaire.
– La 6ème édition de la Semaine de la coopération et de la solidarité internationale à l’université aura lieu du 13 au 17 novembre sur le thème : “Les universités du monde : lieux de naissance des solidarités, confrontation des savoirs et reconnaissance des cultures”. La Semaine est organisée par les universités de Montpellier, de Perpignan, l’EPA de Nîmes, l’IUFM et le CHU de Montpellier, l’AGRO, le pôle universitaire et le CROUS de Montpellier.
– La Semaine mondiale de l’éducation se fait le relais de la Campagne mondiale pour l’éducation, qui, dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement promeut le droit à une éducation gratuite et de qualité pour tous afin de réduire la pauvreté. Cette campagne (http://www.solidarite-laique.asso.fr/) a lieu en avril et propose des activités et des outils pédagogiques.
– La Quinzaine de l’école publique, organisée par la Ligue de l’enseignement en collaboration avec Solidarité laïque, met en exergue la campagne “Pas d’école, pas d’avenir !”. Cette opération de sensibilisation et de solidarité (http://www.pasdecolepasdavenir-qep.org/) a lieu en mai, elle soutient des projets d’appui à l’éducation dans les pays du Sud et de l’Est. Des ressources pédagogiques sont disponibles sur le site.
– La Quinzaine du commerce équitable (http://www.commercequitable.org/) a lieu en mai. Créée par les principaux acteurs du commerce équitable réunis au sein de la Plate-forme française pour le commerce equitable (PFCE), cet événement permet de promouvoir cette forme alternative de commerce à visage humain, respectueuse des droits de l’homme, de l’environnement et au service d’un véritable développement durable. Conférences, débats, dégustations et ventes de produits issus du commerce équitable sont prévus dans les principales villes de France, créant ainsi un espace privilégié au sein duquel des acteurs de plus en plus nombreux présentent leurs activités et les enjeux de ce système économique alternatif à un public de plus en plus adepte du “consommer autrement”.
– La Semaine du développement durable, organisée par le ministère de l’écologie et du développement durable, rassemblera en juin tous les porteurs de projets liés au développement durable (http://www.ecologie.gouv.fr).
– Le collectif de l’éthique sur l’étiquette (http://www.ethique-sur-etiquette.org) mène des campagnes pour accroître la sensibilisation des consommateurs et qu’ils prennent conscience des violations des droits de l’homme au travail et de l’absence de mécanisme mondial de régulation sociale.
– La campagne “Demain le monde… les migrations pour vivre ensemble”, qui se poursuit jusqu’en août 2007, a vocation à informer et sensibiliser le grand public à travers les jeunes, en proposant des outils pédagogiques, des initiatives qui suscitent débat, réflexion et action. Elle propose également des soutiens financiers à travers l’octroi d’un label (http://www.demain-le-monde.org).
Toutes ces actions ont moins vocation à exister de façon ponctuelle qu’à s’inscrire dans un travail de fond dans la durée. C’est la raison pour laquelle le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en collaboration avec l’association Civisme et démocratie (CIDEM), propose des ressources permettant aux enseignants de construire des projets pédagogiques autour de grandes thématiques fédératrices (dont la solidarité ou encore le développement durable). Les objectifs recherchés sont donc de fédérer des initiatives existantes afin d’en assurer une plus grande lisibilité ; enfin de réunir des acteurs divers (institutions, associations et collectivités locales) autour d’actions conjointes (http://www.cidem.org).

Les outils

En complément des ressources pédagogiques mentionnées précédemment, il convient de mentionner :
– les bases de données d’échanges d’expériences et d’outils pédagogiques d’Educasol http://www.educasol.org
– des références bibliographiques :
. “Pour une éducation au développement et à la solidarité internationale – Guide pédagogique école, collège, lycée, hors temps scolaire”, CRDP de Franche-Comté, septembre 2004 ;
. “Clés pour une éducation au développement durable” Bruno Riondet, Hachette Éducation, 2004.

Bilan des actions

Afin de renforcer une culture d’évaluation, de mutualisation et de diffusion des actions pédagogiques d’éducation au développement et à la solidarité internationale, un suivi de ces actions sera effectué aux niveaux académique et national.
Dans cette perspective, chaque recteur veillera à désigner au sein de son académie un responsable qui coordonnera l’action des divers réseaux concernés ainsi que les actions mises en place dans les établissements. En fin d’année scolaire 2006-2007, chaque rectorat adressera la synthèse des informations de son académie à la direction de l’enseignement scolaire et à la direction des relations internationales et de la coopération une fiche d’information sur les actions conduites. Par ailleurs et pour faciliter les remontées d’expériences, les enseignants sont invités à télécharger “la fiche et le guide de remontée d’expériences” sur le site d’Educasol (http://www.educasol.org). Une publication et/ou une mise en ligne des projets les plus significatifs sera envisagée.
Je vous remercie de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que l’information sur ces possibilités d’actions éducatives soit largement disponible (affichage en salle des professeurs ou au centre de documentation, présentation en réunion…) afin, notamment, que les initiatives des enseignants puissent être intégrées dans le projet d’école et dans le projet d’établissement.

Pour le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
et par délégation,
Le directeur des relations internationales et de la coopération
Marc FOUCAULT
Le directeur de l’enseignement scolaire
Roland DEBBASCH

Be Sociable, Share!