CESC: une démarche de projet

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La citoyenneté sous-tend toutes les actions menées dans le but d' »apprendre à vivre ensemble ».
Si le civisme, pour faire court, consiste à quitter la contemplation de son nombril, alors la citoyenneté est un civisme vécu et appris longuement, tant il est vrai que l’éducation est une entreprise de longue haleine.
On peut regretter, un brin nostalgique, qu’il faille « apprendre à vivre ensemble » quand la culture devrait jouer son rôle de dernier rempart de la démocratie. L’école est toujours plus sollicitée. on peut s’en inquiéter, et à juste titre. Ces exigences réitérées, à la fois ministérielles, rectorales mais aussi sociales, de prise en charge des difficultés de tous ordres que rencontrent les élèves, nous alertent: qu’en est-il des responsabilités autrefois dévolues à d’autres instances, la famille par exemple?

L’école craint de ne pas avoir les épaules assez larges pour ces responsabilités qui ne sont pourtant, en rien, nouvelles.

La circulaire du 7 juillet 1998 relative à l’éducation à la santé et à la citoyenneté fai un rappel clair:  » chacun, à sa place, par l’enseignement qu’il dispense, l’exemple qu’il donne, les propos qu’il tient et les exigences qu’il exprime doit avoir pleinement conscience de sa responsabilité. »

Ces exigences à peine nouvelles donc ont également le mérite de laisser entrevoir toute la charge affectiv dont l’opinion investit son école.

Attention, si la responsabilité, si elle incombe à chacun d’entre nous, prend un caractère nécessairement collégial puisque nous n’avons que des compétences limités à notre domaine d’intervention. Cependant, que ce partage de compétences ne nous dispense pas d’unir nos forces autour de l’élève.

La mission d’un CESC est de « contribuer, dans une approche éducative globale prenant en compte les besoins des élèves dans et hors de lécole, au développement de la citoyenneté, à la prévention des dépendances, des conduites à risques et de la violence, au suivi des jeunes, à l’aide aux élèves manifestant des signes de mal-être, au renforcement des liens avec les familles, ainsi que d’apporter un appui aux acteurs de la lutte contre l’exclusion, en établissant des relations étroites entre les établissements les parents en difficultés et les autres partenaires concernés. » (Circulaire du 2 octobre 1998, parue au BO n°11 du 15 octobre 1998).

De la même manière qu’un projet d’établissement ne peut naître que d’un diagnostic préalable faisant l’état des lieux des points forts et des points faibles d’un établissement, le CESC ne peut faire l’économie de cette démarche. Pour trouver des solutions, il faut partir des besoins identifiés.

Faire l’état des lieux, c’est lister les faits, positifs comme négatifs, mesurables, quantifiables, mais aussi prendre en compte le ressenti. Car la perception qu’on a des situations ou des faits a un retentissement concret sur la manière de les aborder, de les affronter… ou de les fuire.

L’échec scolaire, par exemple, ne concerne pas que les quelques dizaines de milliers de jeunes qui quittent le système éducatif sans diplôme ni formation. Il est aussi celui des élèves dont les lacunes accumulées au fil des années les conduisent vers une orientation davantage subie que choisie.

Il coûte cher.

Philippe Meirieu (L’école ou la guerre civile, Plon, 1997) en énumère les conséquences: « il coûte cher à notre économie, handicapée dans son fonctionnement même: salariés disposant d’une culture de base trop faible pour affronter des mutations prévisibles…[…] et c’est en termes sociaux que l’échec scolaire a les conséquences les plus graves: cela va des comportements d’incivilité dus à la simple ignorance des bases mêmes de notre société […] jusqu’à la violence des jeunes. »

Le CESC ne résout pas tous les problèmes. Il ne faut l’investir, de façon magique, de toutes les vertus…

IL ne résoudra rien si la légitimité de son existence pose question, si ses travaux n’intéresse que ses membres et eux seuls, si ses propositions restent lettre morte ou si les adultes refusent leur rôle d’éducateurs.

Voir aussi quelques texte, BO et circulaire relatives à la citoyenneté.

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