L’homme tombé dans un trou

Aujourd’hui, c’est l’histoire d’un homme qui est tombé dans un trou !
ça peut arriver mais quand on est entouré et que des gens arrivent pour intervenir, ça va tout de suite mieux, on se dit ouf
enfin….pas toujours….

Ecoutons cette histoire

L’homme dans le trou

Un homme tombe dans un trou et se fait très mal :

Un Cartésien se penche et lui dit : « Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez dû voir ce trou ».

Un spiritualiste le voit et dit : « Vous avez dû commettre quelques péchés».

Un scientifique calcule la profondeur du trou et avec la circonférence, il pourra calculer aussi le volume….enfin je crois.

Un journaliste arrive aussi, tend son micro au bout d’une perche (je vous rappelle que l’homme est tombé au fond d’un trou) et l’interviewe sur ses douleurs.

Un taoïste lui demande quel avantage il trouve à être tombé dans ce trou.
(un psychologue aurait pu poser la même question : on appelle ça les bénéfices secondaires….)

Un yogi lui dit : « Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ».

Un médecin lui lance 2 comprimés d’aspirine et lui dit qu’il repassera dans 4 à 6h pour lui donner les deux autres, car il faut bien respecter cette durée entre deux prises.

Une infirmière s’assoit sur le bord et pleure avec lui.

Un psychothérapeute l’incite à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans le trou.

Une pratiquante de la pensée positive l’exhorte : « Quand on veut, on peut!»

Un optimiste lui dit : « Vous avez de la chance : vous auriez pu vous casser une jambe ».

Un pessimiste ajoute : « Et ça risque d’empirer, parce qu’ils ont prévu de la pluie : ça va être tout plein de coulée de boue. ».

Un enfant passe

et lui tend la main…

tomber dans un trou
panneau indicateur de danger

Au début de l’histoire, on se dit que l’homme qui est tombé est dans une bien mauvaise posture.

Certainement blessé, un peu secoué, pas capable de s’en sortir.

Et puis, quelle chance, il est tombé dans un endroit visiblement fréquenté, il y a du monde qui passe.

Peut être qu’aujourd’hui, il y aurait un personnage de plus, mettons un youtubeur ou bien un instagrammeur, prêt à filmer ou prendre en photo pour faire du buzzz.
A cette époque, c’était juste un journaliste, qui posait quand même quelques questions.

Un youtubeur lui, n’a pas le temps de poser des questions, il doit zoomer, dézoomer, envoyer sur les réseaux, attendre les like….


Mais les autres qui se sont approchés du trou et qui ont parlé à l’homme, n’ont pas fait finalement mieux.
Ah oui, ils ont parlé….
et en parlant A l’homme,
ils ont surtout parlé D’EUX mêmes

On a reconnu le cartésien, celui qui réfléchit, analyse et coupe les cheveux en 4 
… et qui lui fait carrément un reproche : « vous auriez dû voir ce trou ». En gros, il lui montre comment à l’avenir ne PLUS tomber dans des trous.
Mais pour maintenant, tout de suite : il est aux abonnés absents.

Le médecin croit faire le job aussi, en lançant 2 cachets d’aspirine : il doit se dire
chute = qqch de cassé = douleurs = besoin d’un anti-douleurs

sortir du trou… ça ne fait pas partie de sa panoplie d’outils.

Parce que, vous remarquez, chacun a son outil et n’en change pas, il ne sait pas. Parce qu’on fait en fonction de ce qu’on est, de ce qu’on a appris.


Alors si le scientifique

qui vient aussi à côté de ce trouse définit d’abord comme quelqu’un qui mesure,

qui calcule,

qui fait des tableaux,

qui compare des volumes, des circonférences….

ça ne va PAS aider l’homme au fond de son trou.

Il y a une phrase marrante qui dit

« Si le seul outil que vous avez est un marteau,
vous verrez tout problème comme un clou »

Le marteau du médecin c’est le médicament
le marteau du psy, c’est d’aller chercher dans le passé du patient le pourquoi du comment
Ca aide bien sûr, mais peut être à un autre moment, moins dramatique,
parce que le jour où je suis penchée


au dessus du pont,


ce ne sont pas ces questions dont j’ai le plus besoin.

Le marteau du pessimiste, alors lui, en plus de son marteau, il a une cheville Fischer pour bien fixer le problème, faut surtout pas s’en sortir, surtout pas sortir du trou. ..

l’étagère ? elle ne va plus jamais tomber.
Le problème ? il va toujours rester

et l’homme dans le trou, il va rester dans son trou.



aucune des personne qui passe à côté de ce trou
n’invente,
n’imagine autre chose.

L’enfant ?

Il a peut être un marteau, en plastique ou en bois, pour ne pas se faire mal,

mais il s’en sert pour faire plein de choses
il peut faire du bruit

Du rythme

Qqch qui ressemble parfois à de la musique

il peut construire qqch

Assembler deux bouts de bois

pour faire un bateau avec son mât

Pourquoi pas ?

L’enfant, du point de vue étymologique, ça vient du latin infans, qui veut dire  

le tout jeune enfant qui ne parle pas.

L’enfant, il ne parle pas,
comme l’ont fait le cartésien, l’infirmière, le médecin, le scientifique

ou le youtubeur qui lui, parle vraiment, vraiment beaucoup.

cela ne veut pas dire que l’enfant n’a rien à dire

Ou qu’il ne réfléchit pas

À son niveau

Mais cet enfant qui passe à côté du trou où l’homme est tombé

Eh bien
ça tombe bien qu’il ne parle pas

Car il faut juste agir

Et pour un homme qui est tombé dans un trou

on tend la main.

Juste, on tend la main

Et nous parfois nous tombons aussi dans un trou,

Nous attendons une main…

Quelque chose qui ressemble

À un roc

Et qui va nous tirer de là.

C’est peut être ça aussi la mission des enfants, les petits enfants, les moyens enfants

et les grands,
surtout les grands enfants,

ceux qui commencent toujours par parler

avant de sauver

AMEN

Histoire des enfants, culte du 23 février 2020, temple d’Ans.

Jérôme en version Pop Art

Un sens à ta vie

Apocalypse 2 (LSG)

8 Écris à l’ange de l’Église de Smyrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie : 

9 Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. 

10 Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. 

11 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises : Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort.

Un texte difficile à entendre aujourd’hui ?

Prêcher sur un texte de l’Apocalypse ça n’arrive pas tous les jours et moi en plus, c’est la première fois de ma vie que je prêche !
L’Apocalypse n’est pas souvent programmée dans la liturgie.
Parce que ce sont des textes un peu difficiles peut être, qu’ils résistent plus à la première lecture…
(en étude biblique, on est habitué à comparer ses lectures, son ressenti, ses émotions)
les mots de l’Apocalypse nous résistent plus encore…

Parce qu’ils sont poétiques surtout, je trouve

Parce que le mot « apocalypse » fait un peu peur quand même, depuis longtemps, on veut y lire l’histoire de la fin des temps, la fin du monde, qui aura lieu au milieu de mille catastrophes.
quand il y a d’ailleurs une grande catastrophe quelque part dans le monde, que cela soit une catastrophe naturelle, comme un tsunami ou un violent tremblement de terre, ou l’incendie gigantesque en Californie…ou une catastrophe à cause des hommes comme un attentat terroriste, les médias parlent souvent de vision d’apocalypse, ou de scène apocalyptique….
apocalypse veut d’abord dire Révélation ou même mieux « dévoilement ».


Απο + κάλυψις : le Απο préfixe de privation et κάλυψις du verbe καλύπτω : cacher 

apocalypse : ôter le voile sur ce qui est caché


Alors dans l’extrait qui nous occupe ce matin, c’est Jésus qui nous parle, enfin, qui parle à l’Église de Smyrne,

mais à y regarder de plus près, nous pouvons nous y reconnaître comme dans un miroir.
Les mots de Jésus ne sont pas « bisounours »,
ses paroles balancent entre les mots qui nous font peur et les mots qui rassurent et dévoilent

Tu es dans la détresse,
tu es pauvre ;
tu subis des calomnies
tu vas souffrir,
peut être que tu iras en prison avec d’autres,


ce sont des mots qui nous font peur, mais ce n’est pas l’intention de Jésus, il est juste celui qui nous connaît par cœur, qui nous connaît de l’intérieur, et qui a vécu les mêmes expériences de souffrance et de peur…
et il y a des mots rassurants,


et je suis celui est revenu à la vie
je te connais,
tu es riche,
n’aie pas peur
tu auras la couronne de la vie


on voudrait passer directement à la fin de l’extrait et ne retenir que ses accents rassurants :

n’aie pas peur, tu auras la couronne de la vie.


Mais on ne peut pas sauter directement à la fin de l’extrait ! on voudrait éviter la souffrance, les deuils, les douleurs, tout ce qui laisse tellement de cicatrices…

Mais il faut vivre toute l’histoire, il faut traverser les tribulations….
Et Jésus sait déjà quelles tribulations nous traversons: « Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche »
c’est étonnant, il nous connaît mieux que nous-mêmes, il nous connaît il est passé par les mêmes épreuves en se faisant humain:

pauvres, nous sommes pourtant riches.

Il sait qu’on ne se connaît pas bien soi-même, on a besoin de la relation, on a besoin de se voir dans le regard de l’autre pour se connaître, pour connaître nos limites et nos richesses….

Il commence par opposer notre pauvreté et

notre richesse cachée comme un trésor.

De quelle pauvreté Jésus nous parle-t-il ?
A quelle pauvreté pensons-nous ? est-ce que nous parlons de la même chose ? Évidemment non.
Il y a la pauvreté dont nous ne pouvons être tenus pour responsables, la pauvreté matérielle : la pauvreté pour moi, c’est devoir choisir…


entre se nourrir et se soigner
entre s’habiller correctement et se soigner

Entre se nourrir et offrir des cadeaux à ses enfants.



on n’aurait pas idée de reprocher à des personnes pauvres le fait d’être pauvres, ici dans notre pays.

Enfin, si, on se le permet parfois :

si tu es pauvre, c’est que tu n’es pas un battant,

c’est que tu n’as pas fait les bons choix stratégiques,

c’est que tu as refusé d’être mobile et de déménager à l’autre bout du pays …..

vous savez, tous ces reproches qui culpabilisent….

mais Jésus ne nous parle pas de cette pauvreté-là, car il nous dit que nous sommes riches, riches d’autre chose, d’une richesse cachée, même de nous-même !

Et cette richesse-là, nous en sommes responsables, nous en sommes comptables.

elle ne dépend que de nous,

personne ne peut venir nous la voler, ou y apposer une taxe,

c’est la profondeur, et l’intensité de notre vie intérieure. Je préfère dire cela plutôt que spiritualité, j’ai l’impression que le mot spiritualité a des airs de s’appliquer seulement aux professionnels…. Qu’il faut s’y connaître, être « bon » , non, on va dire « vie intérieure », les professionnels ne vont pas non plus nous voler ça !

Cette vie intérieure, personne ne peut nous la prendre,

Et c’est à nous de la trouver,

de la dévoiler,

d’en faire l’apocalypse


alors oui, la souffrance, un deuil, la maladie, peuvent cacher très loin au fond de nous cette richesse de vie intérieure, mais bonne nouvelle : elle est toujours présente !

En effet il nous est à tous arrivé d’être dans la peine, et même la souffrance intense, d’avoir l’impression de ne jamais pouvoir en sortir,
d’avoir cette sensation très pénible d’avoir perdu le contrôle de notre vie. Et même parfois de ne plus entendre Dieu, de penser qu’il s’est tu.

Mon dieu mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné !
si Jésus l’a crié, nous avons le droit aussi d’être perdu, comme un enfant qui ne trouve plus sa maman dans la foule.  

On en viendrait presque à se demander où Dieu s’est retiré dans un monde qui permet autant de souffrance.

Et que dit Jésus ? cette phrase extra-ordinaire
Sois fidèle jusque dans la mort.


C’est un conseil, un ordre radical,
venant d’un autre, on rejetterait cette phrase. Mais de quoi te mêles-tu !
Fais le toi-même, oui !
Mais Jésus lui-même est passé par ces épreuves, il a souffert mille maux avant d’être mis à mort.

Et c’est donc avec confiance qu’il peut prononcer cette phrase, la dire depuis son expérience, là dire depuis qui il est en profondeur.


en ce qu’il reconnaît nos souffrances, notre pauvreté, finalement, Jésus est rassurant car il ne les nie pas, Jésus. Il ne dit pas que nous ne connaissons pas les « tribulations » :

Tribulation :
c’est un terme très fort, qui désigne quelque chose de violent : durant l’Antiquité, le mot est passé d’un sens concret à un sens figuré.
Au sens concret, tribulare, le terme voulait dire écraser, presser avec la herse (IIème s avt JC) , c’était un terme agricole.
Et puis cela a pris un sens figuré (IIIème s Après JC) : tourmenter, persécuter, mettre la foi à l’épreuve.

Aujourd’hui, on pense à « tourment, angoisse ».

Jésus a vécu des moments de souffrance et d’angoisse,
il a connu des tribulations, dans le sens très concret: la couronne que ses bourreaux ont pressé sur sa tête, c’était une couronne de mort, qui l’a écrasé comme une herse.

Et la tribulation, il l’a vécue de l’intérieur aussi : on le lit dans Luc, chapitre 22, verset 44.

Il prie au Mont des Oliviers, on lit «  Saisi d’angoisse, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient par terre.] »

Quand il nous parle de nos tribulations, il sait donc de quoi il parle. C’est pour cela que nous pouvons être fidèles avec confiance,

Les tourments, Jésus connaît

L’angoisse, Jésus connaît
Ses tribulations avaient un sens.
Sens : en écrivant ce mot, je me suis dit qu’on pouvait le comprendre de deux façons à la fois.
Sens-signification,
sens-direction.


Jésus nous donne une direction.

Je vais vous parler d’une histoire dans l’histoire, toujours autour de la tribulation et du sens, et de la direction

Je vais vous parler d’une histoire vraie, l’histoire d’un grand petit garçon, très pauvre,

Un grand petit garçon très attendu, et à sa naissance, tout le monde est heureux. C’est le premier garçon, c’est le premier petit fils !

Et puis très vite, il ne grandit pas comme les autres, « il est fou », on dit.
il va dans des structures

Mais il y a une jeune fille qui lui apprend à lire et à écrire

Elle met du temps, elle met 5 années en tout, car apprendre à lire et à écrire à « un fou », c’est long.
mais ça lui plaît de faire la maitresse et le grand petit garçon il aime bien savoir lire et « faire des écritures », comme il dit. Il lit le dictionnaire !
La jeune fille, ça lui plaît d’enseigner,
parce qu’expliquer comment on lit, comment on écrit à lire et et y mettre 5 ans pour un seul garçon, ce n’est plus jouer à la maîtresse, c’est vraiment s’approcher d’un métier.
et elle se dit qu’elle est peut être faite pour cela
et que les enfants un peu fous, pas comme les autres, ou avec moins de facilités sur la ligne de départ, elle aime encore mieux .
C’est elle qui l’appelle « le grand petit garçon », car elle le connaît bien. Ils partagent la même chambre, et ils dorment la grande lumière allumée,

car, il a peur du noir,

c’est sa tribulation à lui.

Il est un peu grand que moi, il a aujourd’hui 41 ans Jérôme et il lit encore le dictionnaire de temps en temps et il fait toujours des écritures. Un peu moins, car il devient de plus en plus fou on dirait.

Pendant longtemps, je me suis dit qu’il aurait pu être médecin, ou jardinier ou pompier

Ou faire tout autre chose de sa vie,

Il aurait pu se marier ou non
être bon au football

Ou aimer aller à la pêche ?

Il n’est RIEN de tout cela.
Il a été BEAUCOUP plus que tout cela.


Il a donné une direction à ma vie : j’ai mis très longtemps à le comprendre et je ne le sais que depuis très récemment.

Comme s’il m’avait dit « va enseigner, va t’occuper des enfants, prends la parole », il me l’a dit à sa manière,

depuis quelque chose qu’on pourrait définir comme la pauvreté, la « non-intelligence » comme on dit, quelque chose dont il n’est pas responsable. 
Mais non, il me l’a dit depuis sa richesse intérieure,

cette richesse qui lui est cachée et qui m’a été cachée pendant longtemps.
Un petit garçon si inspirant, si riche

Alors de quoi sommes-nous riches sans le savoir ? comme les Chrétiens de Smyrne qui étaient pauvres (le mot grec utilisé pour les désigner veut dire mendiants)
à qui donnons-nous cette richesse intérieure, à quel prochain…mais aussi à quel lointain ?

Il y en a que nous  avons un peu moins envie d’aimer comme notre prochain. Et quand on dit
aimer son prochain

Je pense qu’il faudrait préciser : et le regarder comme son égal

Car mon prochain, parfois, il est très très différent de moi : il ne me ressemble en rien,

Il a d’autres idées, d’autres valeurs

Une autre façon de vivre
Ca ne se commande pas l’amour

Et pourtant c’est un commandement…et le plus grand dit Jésus.
Parfois, quelqu’un de différent, on arrive à l’aimer s’il est loin, dans un autre pays. Ca m’engage moins.
Par exemple, on arrive à avoir de la compassion pour ces hommes, que Daech exécute pour ce qu’ils sont en les jetant du toit d’un immeuble, en Syrie ou en Irak. Nous ressentons de la fraternités pour ces victimes.

Mais on n’a pas besoin d’aller si loin pour croiser notre lointain.
De l’autre côté de la rue, ou dans notre famille, notre voisinage, nos communautés,

Qui est mon lointain ?


est-ce que nous, nous donnons,

comme le Seigneur nous donne, sans condition,

qui que nous soyons ?

est-ce que nous donnons même à celui que nous avons difficile à aimer, que nous avons difficile à considérer comme notre prochain, notre égal,

notre frère  de la même taille,

de la même importance,

de la même dignité ?

est-ce que j’aime seulement celui qui m’aime ?

ou Est-ce que nous choisissons la compassion qui ne nous engage pas trop ?


et quelle richesse acceptons-nous de notre prochain, de notre lointain ?
c’est difficile aussi d’accepter un don, quelque chose de gratuit de quelqu’un qu’on ne considère pas comme notre égal,

notre frère de même taille et de même dignité.

J’ai trouvé cette phrase d’un poète américain du XIXème s, qui s’appelle Walt Whitman

« Avez-vous appris des leçons seulement de ceux qui vous ont admiré, et qui vous ont traité avec tendresse, et qui vous ont laissé la voie libre ?
N’avez-vous pas aussi appris de grandes leçons de ceux qui vous rejettent et qui s’opposent à vous obstinément, ou qui vous traitent avec mépris, ou qui vous disputent le passage ? »
(in « Leçons plus fortes »)

le conflit, le mépris, le tourment, tout ce qu’on peut rassembler sous le mot « tribulation », ça peut avoir du sens si on y regarde honnêtement.

Quelle direction, nouvelle, ça nous a fait prendre ?

Pour arriver à la fin de l’histoire, à la couronne de vie, il faut l’avoir vécue depuis le début, avoir osé la fidélité.
Nous sommes invités à la fidélité, à l’espérance, à la résistance par ce texte,

À cultiver notre richesse intérieure

À nourrir notre foi

Sans avoir peur

Ainsi que le dit Esaïe, dans ces beaux versets qu’on peut apprendre par cœur ou se redire en tête, lors des temps mauvais

(chap 43)

Si tu traverses les eaux, je serai avec toi

Et les fleuves, ils ne te submergeront pas

Si tu marches dans le feu, tu ne brûleras pas


Que Dieu nous bénisse tous, lui qui nous accompagne partout et en tout temps

Amen

18 novembre 2018

Gabrielle Lamotte

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Mets ton coeur en bandoulière!

Carte

A ce jour, le projet arrive presque à son terme, après la première livraison de sacs-cadeau à l’Entraide protestante au coeur de Liège.
Demain, ce sera le tour de l’Accueil Botanique, avec les ados de l’église d’Ans-Alleur qui ont collecté des produits de première nécessité et des douceurs, des cadeaux dans le cadre de leur activité hebdomadaire.
Il est prévu que nous soyons reçus par un assistant social qui nous fera visiter la structure et expliquera les principes de l’accueil social.

Livraison à l'ENTRAIDE 21 janvier 2019
Livraison à l’ENTRAIDE 21 janvier 2019

Quelques jours auparavant, tous les achats ayant été finalisés, nous étions à trois pour confectionner les sacs, dans le joyeux bazar qu’était notre salon.
4 heures passées avec Evelyne et Katty pour remplir 117 sacs de toutes les couleurs, tous différents, avec objets utiles, douceurs et une carte de voeux.

Courses pour le Coeur en Bandoulière
Courses pour le Coeur en Bandoulière

Séquence "empaquetage"!
Séquence « empaquetage »!

empaquetageempaquetage

empaquetage

Puma surveille
Puma surveille

Exemple de sac et son contenu
Exemple de sac et son contenu

Ci-dessus un exemple de sac (mais ils sont tous un peu différents), davantage « orienté femme » car un achat de dernière minute a permis d’y ajouter un paquet de protections féminines (tampons ou serviettes).

Une autre série de sacs contient une petite gourde, des jeux de cartes, des tubes de Smarties, ou des petites boîtes transparentes en forme de coeur, remplies de chocolats, des chaussettes ou des gants.
Plus des 2/3 des sacs contiennent un agenda 2019 sympa.
D’autres encore ont une « boîte à tartines » chère au coeur des Belges.
Au dernier moment encore, j’ai trouvé des « fortunes cookies », ces petits gâteaux d’inspiration asiatique, qu’on brise pour y trouver une bande de papier avec un message positif, encourageant.

"fortune cookies"
« fortune cookies »

L’ensemble des achats, faits en trois fois, a représenté 615 euros de dépenses.
Avec la commission prélevée par LePotCommun, ce sont 790 euros qui ont été rendus disponibles sur un total de dons à 823,50 euros!

Comme il était prévu d’offrir l’excédent récolté à la missionnaire protestante Françoise Pedeau qui a créé au Burkina Faso un centre d’accueil pour les enfants handicapés, c’est 175 euros qui vont être virés sur le compte de son action. (plutôt 200 d’ailleurs car une petite main va arrondir la somme 😉  )

Centre l'Espoir
https://www.simorg.fr/rphg
Centre l’Espoir


Tout avait commencé fin novembre 2018 🙂

Logo Operation Sacs

Au début du projet, il y a l’envie de faire plaisir et de dire à un inconnu: « on ne se connaît pas mais vous comptez à mes yeux. »


Mais pas n’importe quel inconnu, j’ai à coeur depuis longtemps, la situation des personnes précarisées par un monde souvent dur, qui laisse sur le côté celui qui, pour des tas de raisons, est sorti du circuit classique, qu’il soit sans-abri et/ou obligé de choisir entre se soigner et se nourrir, ou s’habiller et se nourrir etc…

Je crois aux initiatives individuelles, alors j’ai choisi de créer cette cagnotte en direction de mes amis, collègues, copains, proches ou lointains, de France ou de Belgique ou d’ailleurs, et qui veulent bien me suivre et mettre leur coeur en bandoulière.

Je vais résumer l’action avec le fameux 3QOCP que connaissent bien mes amis de l’Education nationale:

QUOI? 

Offrir un sac à chacune des personnes  sans-abri et/ou précarisées accueillies habituellement tous les matins à l‘Accueil Botanique (Liège).
Dans le sac, (dans sa version « basique »), gants ou bonnet, bonbons, carnet, mug, stylo, savonnette, mouchoirs en papier, brosse à dents, dentifrice, carte de voeux pour 2019.
Si le montant de la cagnotte est « très » dépassé, il est envisagé d’ajouter par exemple peigne, brosse ou jeu de cartes, couverture de survie.

QUAND? 

Depuis aujourd’hui jusque fin décembre: ensuite, je prendrai le temps d’acheter tous les articles prévus et de confectionner les sacs. Les sacs devraient être donnés vers mi-janvier.

QUI? 

Mes amis, mes collègues, tous ceux que j’aime, ceux avec qui j’interagis un peu, beaucoup, passionnément peuvent participer modestement ou non, l’important c’est d’ajouter un geste à un autre geste!

OU?

A Liège, l’Accueil Botanique (faites un clic!) accueille des personnes précarisées chaque matin pour un petit-déjeuner et des entretiens sociaux à la demande. J’y ai fait un temps d’observation l’an dernier dans le cadre de mes études pour la fac de Strasbourg.
Si nous récoltons assez d’argent, voire plus, voire plus encore, j’aimerais pouvoir confectionner des sacs supplémentaires et les offrir à l’Entraide protestante (faites un clic) de Liège dont je connais personnellement quelques bénévoles très impliqués.
Et si nous récoltons encore plus d’argent, le surplus sera envoyé à Françoise Pedeau, (faites un clic! ) missionnaire protestante au Burkina Faso, engagée dans l’accueil,  les soins et l’appareillage des enfants handicapés. J’ai pu la rencontrer par deux fois à Liège et c’est peu dire que j’ai été impressionnée par ce qu’elle fait avec son équipe.
Vous voyez, je suis optimiste. Ou bien tout simplement j’ai confiance en vous.

COMMENT?

En offrant 6,30 euros (j’ai prospecté!), un sac peut être confectionné dans sa version basique. A chaque 6,30 euros, un sac!
et ainsi de suite  
Et si vous pouvez offrir un petit quelque chose en plus, ce sera un article en plus dans le sac.

POURQUOI?

Simplement pour faire plaisir à une personne sans-abri ou vivant dans la précarité, pour témoigner de notre fraternité, à notre niveau.
Pas de grand discours, juste un cadeau.

Un grand merci!

Rentrée de l’Antenne inclusive de Saint Guillaume, rencontre(s), échanges et culte du 29 septembre 2018.

Quelle journée !
Je suis assise devant le clavier et me dis qu’il faut garder une trace de cette journée, à la fois pour moi, mais aussi pour mes amis, copains, collègues qui pour diverses raisons n’ont pu assister à ces heures précieuses et nourrissantes.
Et pour les autres aussi, qui voudraient savoir, apprendre et comprendre.

La rentrée de l’Antenne inclusive de Saint Guillaume à Strasbourg nous a fait vivre trois temps forts :

  • une rencontre avec la théologienne et écrivaine Marion Muller-Colard, membre du CCNE.
  • un culte inclusif à l’église avec traduction en langue des signes
  • la représentation au soir de Bouche cousue, de Marion Muller-Colard, par la compagnie Le Gourbi bleu, en partenariat avec l’association le Refuge, qui accueille les jeunes rejetés par leurs familles en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre. Une lecture traduite en langue des signes, et accompagnée avec bonheur au clavier par un musicien qui ponctuait délicatement les mots ou les gestes de Juliette, la comédienne.

Je n’avais jamais mis les pieds à Saint Guillaume, car à l’époque où je vivais encore à Strasbourg il y a plus de 25 ans, je n’en ai pas eu l’occasion.
Et puis à mon départ de Strasbourg, je n’ai plus jamais mis les pieds dans une église. Mis à part pour les enterrements et les mariages.

Les lieux, les bancs de bois alignés, les grands orgues, la chaire imposante du temps du magistère, d’un autre temps, des toiles imposantes, aux couleurs assombries par les siècles, mais dans lesquelles on discerne un rayon éclairant le regard de celui qui ploie sous la croix.
Un autel, un crucifix. Et des pancartes du monde d’aujourd’hui qui disent, ou crient, l’accueil de tous.

« Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis » (Corinthiens 15 :10)

« Croyant.e. s homophobes, convertissez-vous ! »

Et d’autres encore.

Dieu dit du bien de nous

Ça se conjugue bien.

 

Les mots, les chants ont convoqué dans ma tête des textes bibliques que j’aime ruminer, au sens de mâcher longuement pour entrevoir tous les possibles qu’ils recèlent.

Déjà les mots du pasteur, ceux d’un vrai accueil : ceux qui accueillent aussi les petits chiens de la Cananéenne. Enfin ! pour qu’ils n’aient plus à se contenter des miettes sous la table. J’aime bien l’histoire de cette rencontre, j’y pense toujours quand on parle d’accueil. L’an dernier à la fac, j’ai rendu un travail sur la comparaison entre Matthieu et Marc qui racontent chacun cet épisode.
Les mots ont leur importance. Un mot peut tuer ou relever. Un peu comme la gifle donnée à Amandana dans Bouche cousue, qui la fixera pendant longtemps dans ses 15 ans.

Est-ce que Jésus a utilisé un détour pédagogique pour pousser la mère dans ses retranchements ou est-ce elle qui lui a ouvert les yeux sur ces chiens qui se tiennent après Israël ? Parce que c’est là qu’ils (se) sont placés ? Parce qu’ils ont intégré que leur place était là ? Je n’aime pas penser à un Jésus à qui une païenne ouvrirait les yeux, c’est ma lecture du texte. Je vois plutôt un Jésus qui invite la femme à une seconde lecture.

Peut-on imaginer un repas du Seigneur avec un premier puis un deuxième service ? Se représenter mentalement un repas où certains commensaux sont bien installés et d’autres comme sur de pauvres strapontins, ou en bout de table, ou pire…sous la table, à récupérer des miettes ?
Me revient la confidence d’un élève placé en famille d’accueil : au moment du repas, il y avait deux services. Le premier pour les enfants biologiques de la famille, le second pour les enfants placés. Grande tristesse. J’avais pensé : si la table était trop petite, pourquoi ne pas imaginer mêler les enfants, dans deux services ?

N’y aurait-il pas à manger pour tout le monde ?
Qui peut avoir part au repas du Seigneur ?
Le pasteur le rappellera au moment de la Cène : nous sommes tous invités à la table du Seigneur, le repas n’est ni réservé ou ni monopolisé par personne.
Il est bon de rappeler des évidences.
Mais ces évidences restent discutées encore. Comme si la parole du Seigneur était confisquée, qu’on l’avait figée dans une seule lecture, celle qui laissent les petits chiens à la porte.

Marion Muller-Colard a assuré la prédication autour du texte de la Genèse qui raconte la réconciliation entre Jacob et Esaü, avec cette jolie trouvaille de mot : passer de la frérocité à la fraternité.
Et de rappeler que la réconciliation peut demander du temps, qu’il est bon de prendre son temps pour devenir un frère, qu’on n’est pas un frère dès la naissance.
Il faut que Jacob « le talonneur » devienne Israël, « celui qui a lutté contre Dieu », pour qu’il soit capable de se débarrasser du trop-plein et de rendre à Esaü ce qu’il lui avait volé à travers la supercherie organisée par sa mère.
Il en devient capable car cette fois, après cette nuit de lutte avec cet inconnu, il a demandé, de lui-même, une bénédiction. C’était la condition.
Rendre la bénédiction, rendre la réussite et les biens acquis par ce subterfuge, rendre la prosternation normalement promise à son frère.
Et Esaü accueille cette réconciliation avec bienveillance : il n’a pas besoin, il a « assez ».
Le dernier moment fort de cette journée fut évidemment la lecture vivante de Bouche cousue, de Marion Muller-Colard, par la Compagnie le Gourbi bleu.
J’ai acheté le livre une semaine avant, et l’ai lu d’une traite. A la fin, j’avais comme une boule au ventre, un nœud sous le sternum, une sensation assez désagréable.

Affiche Bouche cousue
Un décor simple : une machine à laver, une chaise et une corbeille à linge pleine.
Présence incongrue devant l’autel.

Dans la famille d’Amandana, on lave, on nettoie, on rend propre, « le linge est mort ».
C’est l’histoire d’une gifle, celle infligée à Tom, un neveu rendu pétrifié par un repas dominical où chacun tient sa place, fixe.
Une gifle à 15 ans, ça peut tuer, plus que des mots peut-être.
Des notes de piano ponctuent les gestes, rendent l’ambiance figée. On perçoit le son du tambour du lave-linge qui tourne et rend propre. Une machine à effacer et à taire.

 

Et Amandana raconte, écrit ses 15 ans. Peu à peu, on se trouve plongé dans une histoire oppressante, de non-dits, d’émotions secrètes, de bouleversements étranges vécus par une adolescente qui cherche en vain une connivence avec sa sœur.
La comédienne parcourt l’église, nous parle depuis l’orgue, monte dans la chaire pour jouer Didon et Énée, ce fameux « projet pédagogique ».
L’éducatrice que j’étais a souri à cette évocation : combien de « projets » n’ai-je pas vécu au collège et combien de « porteurs de projet » ai-je rencontrés ?
Parfois, une commande institutionnelle ou une ligne de budget obligent à « faire » un projet avec les jeunes. On se donne le prétexte de les rendre « acteurs » et on remplit des rapports avec des « critères d’évaluation », tous ces mots qui éloignent de la vie authentique, avec les meilleures intentions du monde, et les plus maladroites aussi. Ça fait partie des codes à respecter.

Il y a Marc et Jérôme, les seuls personnages vraiment sympathiques et tendres de ce récit qui serre le cœur : accueillie telle qu’elle est, aucun point d’interrogation, mais du champagne, un anniversaire inventé, de l’écoute, de l’intérêt. Juste le cadeau d’une douce présence.

Elle aussi a pris une gifle à ses 15 ans, pour un baiser avec une fille, dans une relation qui n’en est pas une, qu’elle ne sait pas nommer d’ailleurs.

Après la gifle, quand Amandana fait le geste de la main de son père qui s’abat sur sa joue, il y a un silence interminable qui suit : on sent la violence du coup, la stupeur, l’immobilité immédiate, comme un arrêt sur image : le rejet et toujours pas de mots.
A la fin de la représentation, j’ai dit à la comédienne que c’était comme un camion qu’on se prenait en plein visage.
Quelque chose se fige et c’est d’une grande violence. Je me suis rendu compte que j’avais arrêté de respirer.
Il y a Maryline, la fille au pull torsadé rêvé, fantasmé : son sourire entendu, sa voix, quelque chose comme de la suffisance, de la « cool attitude », tout cela sonne de façon insupportable. Elle ne mérite pas Amandana. On a presque envie de le crier à Amandana, mais laisse tomber bon sang !! Tu vaux mieux que ça.

Dans la famille d’Amandana, c’est Lavomatic et vacances à Rimini. Maryline, elle, va au conservatoire et joue du violoncelle. Aujourd’hui, on dirait peut-être qu’elle fait partie des « populaires » au collège. Ces jeunes à l’aise qu’on aime, pour qu’ils ne nous détestent pas et pour éviter qu’ils ne lancent le chœur des sorcières contre nous. Un monde de ricaneurs qui fabriquent du froid.
Jusqu’au plus beau bracelet de la bijouterie qu’elle offre à Maryline. Encore une douleur infligée par un monde d’arrogants, qui rient au nez d’une jeune fille qui se trompe de codes.

Amandana est d’un autre monde, celui des émotions dans le ventre, des rêves, des jeux dans le miroir qu’elle interroge : est-elle une fille dont les seins apparaissent ou cet homme qui regarde une fille avec des seins ?
Veut-elle une autre peau ? un autre vêtement ?
Mais chez elle, les vêtements passent tous à la machine et sont repassés, c’est le gagne-pain familial. Ça sent le propre à tous les étages.

On entend la machine qui passe en mode essorage. Dans l’église, un son inattendu ! dérangeant, on se doute bien qu’avec ce traitement, oui, à la fin du cycle, « le linge est mort ».

Amanda, comme l’appellent Jérôme et Marc, écrit pour remettre cette histoire à Tom. Est-ce d’ailleurs son histoire ou bien celle de Tom ?
Par ce don, on se prend à espérer que Tom ne restera pas figé dans cet instant de la gifle pour un baiser à un garçon.
Et qu’Amanda aura enfin 30 ans.
Gabrielle Lamotte
30 septembre 2018

 

« Voici, ton roi vient à toi; Il est juste et victorieux »

Zacharie  9:9:  « Voici, ton roi vient à toi; Il est juste et victorieux »

le roi est arrivé, il se donne, il explique qu’être grand, qu’avoir des responsabilités, ne donne aucun privilège
c’est un roi qui s’abaisse….
je préfère dire un roi qui se met à la hauteur de…..

de celui qui ne sait plus trop bien
de celui qui marche un peu de travers

un roi qui se met à la hauteur
de ceux qui sont fatigués
de ceux qui n’en peuvent plus parfois
de ceux qui ont peur de ne pas y arriver
de ceux qui se trouvent trop petits ou pas assez bien

Jésus roi de paix et de justice
se met à la hauteur
de celui dont on ne comprend pas la langue,
de celui dont l’esprit est parti ailleurs,

il se met à la hauteur de celui qui voudrait bien que cela s’arrête,
de celui qui souffre dans son coeur et qui se demande quand cela va s’arrêter

Jésus se met à la hauteur de celui qui pleure et le relève.

il dit « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » (Matthieu 11, 28)

alors ne vous privez pas de venir à la table du Seigneur.

Gabrielle Lamotte

Cène pour le culte du 3 décembre 2017